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Permis de construire · Procédure

Suivi du permis de construire après dépôt : le calendrier complet

Le dépôt du dossier en mairie n'est pas la fin du parcours, c'est le début de l'instruction. Récépissé, demande de pièces, affichage, délais de recours, transfert : voici les huit étapes à suivre, leurs délais et les pièges à éviter pour un permis qui aboutit sereinement.

8 min de lecturePar Geoffray Lagoa, dessinateur indépendant

Une fois votre dossier de permis de construire déposé en mairie, huit étapes successives rythment la vie du dossier jusqu'à la conformité finale du chantier. Chaque étape a son délai propre, ses obligations et ses pièges. Ne pas suivre cette mécanique, c'est risquer un retard de plusieurs semaines ou un recours qui suspend les travaux après leur démarrage.

Cet article reprend en détail le calendrier post-dépôt, avec les actions à mener à chaque étape, les délais légaux et la check-list pour ne rien oublier. C'est la procédure que je suis pour tous les permis que je dépose au nom de mes clients à Lyon et en Rhône-Alpes.

Étape 1 — Dépôt et récépissé

Le dépôt s'effectue en mairie de la commune où se situe le terrain, en quatre exemplaires papier (un pour la mairie, un pour les services consultés, un pour les éventuels avis spéciaux, un pour archive) ou en ligne via le téléservice GNAU (Guichet Numérique des Autorisations d'Urbanisme) si la commune l'a déployé.

Le jour du dépôt, la mairie remet ou envoie un récépissé qui mentionne le numéro de dossier, la date de dépôt et la date avant laquelle la décision sera notifiée. Cette date est cruciale : si la mairie ne se prononce pas avant, un permis tacite est réputé accordé. Conservez précieusement ce récépissé.

Étape 2 — Délai d'instruction et services consultés

Le délai d'instruction de droit commun est de deux mois pour un permis de construire de maison individuelle, et de trois mois pour les autres permis (extension importante, immeuble, locaux d'activité). Ce délai démarre à la date de dépôt complet du dossier.

Pendant l'instruction, la mairie consulte plusieurs services selon la nature du projet : Service Départemental d'Incendie et de Secours (SDIS) pour la sécurité, Architecte des Bâtiments de France (ABF) en zone protégée, Service de l'Eau, Service Assainissement, Direction Départementale des Territoires (DDT). Chaque service consulté peut majorer le délai d'instruction.

En zone ABF, le délai passe à six mois pour un permis de construire et à deux mois pour une déclaration préalable. En zone soumise au PPRI (Plan de Prévention des Risques Inondation), un délai supplémentaire d'un mois est appliqué.

Étape 3 — Demande de pièces complémentaires

Dans le mois qui suit le dépôt, la mairie peut adresser une notification de pièces manquantes. Cette notification suspend le délai d'instruction : il reprendra à la date de réception des pièces complémentaires. Le propriétaire dispose de trois mois pour fournir les pièces, à défaut le dossier est considéré comme retiré.

Les motifs récurrents de demande de pièces : plan de masse incomplet ou imprécis, notice descriptive trop sommaire, raccordements aux réseaux non représentés, photos d'insertion manquantes, attestation thermique RE2020 absente. Un dossier bien préparé en amont évite cette étape qui rallonge l'instruction de quatre à dix semaines.

Étape 4 — Décision : accord, refus ou sursis

À l'issue du délai d'instruction, la mairie notifie sa décision par courrier recommandé. Trois issues possibles. L'arrêté d'accord donne le feu vert au projet, parfois assorti de prescriptions (couleur de toiture, type de menuiserie, plantation d'arbres). Ces prescriptions sont contraignantes et doivent être respectées.

L'arrêté de refus indique les motifs précis. Il est contestable par recours gracieux auprès du maire dans les deux mois, puis par recours contentieux devant le tribunal administratif. Un permis refusé peut aussi être redéposé après modification du projet pour répondre aux objections.

Le sursis à statuer (rare) est une suspension temporaire de la décision en attendant l'évolution d'une procédure d'urbanisme en cours (révision du PLU, projet d'aménagement). Il peut durer jusqu'à deux ans.

Étape 5 — Affichage du permis sur le terrain

Dès la notification de l'arrêté d'accord, le propriétaire doit afficher un panneau d'au moins 80 cm × 120 cm sur le terrain, visible depuis la voie publique, mentionnant le numéro de permis, la nature des travaux, la surface de plancher autorisée, la hauteur, le nom du bénéficiaire et l'adresse de la mairie. Ce panneau doit rester en place pendant toute la durée du chantier, et au minimum pendant les deux mois du délai de recours.

L'affichage doit être prouvé. Trois solutions : photographie datée et géolocalisée prise dès la pose, témoignage écrit d'un voisin, ou mieux, constat d'huissier en début et en fin de période d'affichage. Le constat d'huissier coûte 100 à 300 € mais garantit l'opposabilité absolue à un tiers qui voudrait contester la régularité de l'affichage.

Étape 6 — Délai de recours des tiers

À compter du premier jour d'affichage régulier sur le terrain, deux délais courent en parallèle. Le délai de recours administratif (recours gracieux auprès du maire) est de deux mois. Le délai de recours contentieux (recours devant le tribunal administratif) est aussi de deux mois.

Pendant cette période, n'importe quel tiers ayant un intérêt à agir (voisin direct, association locale, copropriété) peut contester le permis. Démarrer les travaux avant la fin du délai n'est pas illégal, mais c'est risqué : si un recours aboutit, le chantier doit être interrompu, parfois démoli. C'est pour cette raison que la majorité des bénéficiaires attendent la fin du délai de recours pour engager les artisans.

Astuce : certains propriétaires demandent à leurs voisins immédiats un courrier signé attestant qu'ils ont vu le panneau et qu'ils ne contesteront pas le projet. Ce document accélère psychologiquement le démarrage et neutralise les recours bidons.

Étape 7 — Déclaration d'ouverture de chantier (DOC)

Avant le démarrage effectif des travaux, le bénéficiaire doit transmettre à la mairie une Déclaration d'Ouverture de Chantier (DOC), formulaire CERFA 13407. Cette formalité a une fonction administrative (informer la mairie du démarrage) et fiscale (déclencher le calcul de la taxe d'aménagement).

La DOC doit être transmise dans les trois ans suivant la notification du permis, sous peine de péremption. Le permis périmé ne donne plus aucun droit à construire, et tout démarrage devient illégal. Si le démarrage doit être retardé au-delà de trois ans, demander une prorogation un an avant l'échéance (la prorogation prolonge le permis d'un an supplémentaire, renouvelable une fois).

Étape 8 — Achèvement et conformité (DAACT)

À la fin du chantier, le bénéficiaire transmet la Déclaration Attestant l'Achèvement et la Conformité des Travaux (DAACT, CERFA 13408). Cette déclaration certifie que les travaux ont été réalisés conformément au permis accordé, accompagnée de l'attestation thermique de fin de chantier (RE2020) et, le cas échéant, de l'attestation accessibilité PMR pour les logements collectifs.

À réception, la mairie dispose de trois mois (six mois en zone protégée) pour effectuer un récolement, c'est-à-dire vérifier sur place la conformité. Sans intervention dans ce délai, la conformité est tacitement reconnue. Cette conformité est nécessaire pour la revente du bien et pour les déclarations fiscales.

Astuce : si des modifications mineures ont été apportées en cours de chantier (déplacement de cloisons, changement de menuiserie), il est souvent plus simple de déposer un permis modificatif avant la DAACT plutôt que de risquer un récolement non conforme.

Pour conclure

Le suivi du permis après dépôt n'est pas plus complexe que sa préparation, mais il demande de la rigueur sur les délais. Une simple omission (panneau d'affichage non posé, DOC non transmise dans les trois ans) peut faire perdre le bénéfice du permis. C'est l'une des raisons pour lesquelles je propose un accompagnement complet à mes clients, du dépôt jusqu'à la conformité finale.

Si vous voulez être accompagné sur cette procédure pour votre permis à Lyon ou en Rhône-Alpes, le service accompagnement administratif couvre toutes les étapes post-dépôt jusqu'à la DAACT. Vous pouvez aussi commencer par une étude gratuite pour cadrer votre projet.

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